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JOHN STEPHENS : L’auteur a travaillé dix ans pour la télévision américaine comme scénariste ou producteur de séries à succès comme Gossip Girl, Gilmore Girls ou Newport Beach.

Il vit à Los Angeles avec sa femme et son chien Bug.

Interview française exclusive
de John Stephens
pour le magazine
Chaudron Magique.
(Milan Presse)


Journaliste de Chaudron Magique : Pourquoi et comment êtes-vous passé de l’univers des séries télé américaines à celui de l’écriture jeunesse fantastique ?

JOHN STEPHENS : Quand on travaille à Hollywood, on embarque sans le vouloir dans un univers fantastique. Des princesses et des histoires mystérieuses, ce sont des choses que l’on voit tous les jours à Los Angeles. Honnêtement, j’ai toujours voulu écrire des romans et ceux qui m’ont le plus marqués, ce sont les romans fantastiques (Tolkien, Lewis, Herbert, etc.). Donc, mon expérience à Hollywood aura été en quelque sorte un détour et l’écriture de ce roman est un retour à mon premier amour.

Écrire et produire pour la télévision est un emploi merveilleux… durant quelques temps. Peu importe si on essaie d’être inventif et créatif ; on doit travailler au sein d’un certain format. Au bout d’un moment, on n’avance plus. J’ai commencé à me sentir un peu blasé et, en lisant le premier opus de À la croisée des Mondes de Philip Pullman, j’ai compris que je devais passer à autre chose. Ce livre m’a rappelé les livres que je lisais enfant, le genre de livres qui m’ont fait aimer l’écriture. À ce moment-là, je me suis dit que j’allais écrire une histoire fantastique.

Chaudron Magique : Quelle a été votre inspiration pour l’Atlas d’Emeraude ?

JS : Un jour, je regardais un album photo et je suis tombé sur une photo de ma sœur et moi en vacances quand nous étions enfants (je suis le deuxième de trois enfants, le frère du milieu entre mes deux sœurs, comme le personnage de Michael dans mon roman). Comme bien des personnes aujourd’hui, je vis loin de ma famille et en regardant cette photo j’ai ressenti une grande nostalgie et je me suis dit que je donnerais tout pour avoir un album photo magique qui me ramènerait au moment précis où cette photo avait été prise. C’est là que j’ai eu le déclic. À partir de là, je savais que j’avais les bases d’un roman fantastique – un livre qui fait voyager dans le temps – ainsi qu’un thème – l’idée que des enfants tentent de retrouver leur famille.



Chaudron Magique : Votre roman a créé un véritable buzz dans le milieu de la littérature jeunesse. Comment réagissez-vous face à tout ça ? Ressentez-vous de la pression sachant que votre premier roman, qui n’a pas encore été publié, est déjà comparé à Harry Potter ?

JS : Étrangement, c’est assez agréable de voir son premier livre comparé à Harry Potter avant même sa sortie, car il est absolument impossible que le livre soit à la hauteur de cette réputation. On va forcément décevoir des gens. Sachant cela, ça enlève une certaine pression.

Je plaisante. Il y a une pression énorme !

Ce premier livre, je l’ai écrit plus ou moins dans le secret et donc je ne m’inquiétais même pas de savoir si quelqu’un d’autre que ma femme allait le lire un jour. Mais là, avec le second tome, il y a des personnes qui attendent et qui me demandent comment ça avance… Pour le premier livre, on arrive en quelque sorte à faire un tour de magie, seul chez soi, sans se soucier de manquer son coup. Pour le deuxième, il faut tout refaire, mais en étant seul sur scène devant des milliers de spectateurs qui s’attendent à être éblouis.

Chaudron Magique : Des orphelins qui par magie se retrouvent transportés dans un lieu où une femme cruelle gouverne avec ses servants ; ce sont des thèmes que l’on a vus souvent dans des classiques de la littérature jeunesse, surtout dans Les Chroniques de Narnia. Souhaitiez-vous apporter un nouveau regard sur ce concept déjà abordé ?

JS : Exactement. J’étais très conscient du fait que j’écrivais dans un genre déjà exploré. Mais la raison pour laquelle on revient toujours sur de tels thèmes est que chacun peut y apporter de nouveaux aspects, selon sa culture et sa personnalité. Et je pense que c’est là le rôle d’un auteur de romans jeunesse fantastique ; il faut retravailler ces histoires d’héroïsme, de loyauté et de trahison afin de les faire découvrir aux nouvelles générations, avec des thèmes et des concepts contemporains.

Chaudron Magique: Êtes-vous un grand lecteur de romans fantastiques ? Si oui, quels sont vos livres et auteurs préférés dans ce genre ?

JS : Je l’étais et le suis encore. En grandissant, je suis devenu un très grand fan de Tolkien et de C .S. Lewis. J’aimais aussi Dune, de George Herbert pour sa capacité à créer un monde avec tant de réalisme. La trilogie À la croisée des mondes de Philip Pullman a une importance significative pour moi. J’admire comment l’auteur a réussi à y créer des mondes singuliers et des personnages avec beaucoup de profondeur. Aussi, depuis dix ans ; je suis un fan d’Harry Potter. Mon plus récent coup de cœur a été pour le livre Jonathan Strange & Mr. Norrell de Susanna Clarke, qui offre une histoire incroyablement humaine, drôle et merveilleuse.

Chaudron Magique : SI vous pouviez voyager dans le temps, comme vos héros, où et à quelle époque partiriez-vous ?

JS : Bonne question… J’hésite entre Hollywood durant les années quarante (l’âge d’or du cinéma avec Bogart, Cary Grant et Hepburn, alors que les hommes portaient des habits incroyables et conduisaient de magnifiques bagnoles) et Paris dans les années vingt.

Chaudron Magique : Si vous en aviez le pouvoir, que changeriez-vous dans votre passé ?

JS : Facile. Je ferais en sorte que mes parents déménagent à New-York en 1974, pour ainsi avoir eu la chance de grandir à Manhattan.